Permettre l’expression du plein potentiel humain des femmes dans le secteur académique

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Les femmes sont peu présentes dans les fonctions académiques aux chaires supérieures (fonction de professeur des universités qui nécessite, notamment, une habilitation à la direction de recherche). Par ailleurs, elles bénéficient de moins de publications. L’instabilité et la précarité des débuts de carrière académique sont la norme lors de l’inscription à un doctorat ou à une habilitation à la recherche. Or, cette instabilité se produit à un âge où les femmes font statistiquement des enfants. Ceci constitue un facteur de décrochage majeur entre les femmes et les hommes en termes de carrière. 

Les procédures de recrutement fondées sur la cooptation masculine sont défavorables y compris dans des filières relativement paritaires. L’analyse statistique de certaines agrégations donnant accès à la chaire de professeur d’université démontre une absence de volonté à rendre paritaire un corps prestigieux en adaptant les épreuves à la conciliation vie privée/vie professionnelle. Ainsi, en 2019, si 45% de femmes candidatent à l’agrégation de droit privé, elles ne représentent que 19% des admis.

La grande majorité des professeurs d’université ainsi que des présidents sont des hommes. Un langage non inclusif des noms de fonction, notamment, dans les actes constitutifs, renforce cet état de fait. Par ailleurs, la faible représentation médiatique des femmes en tant qu’expertes peut nuire à leur prestige universitaire. Enfin, les fonds de recherche sont plus rarement alloués aux femmes, soit qu’elles ne sont pas sélectionnées pour en bénéficier, soit qu’elles sont présentes dans des filières dans lesquelles les pouvoirs publics investissent moins. 

Dans le second degré, l’Education nationale valorise moins les corps de métier à prédominance féminine à travail identique. Un professeur certifié ou agrégé effectuant le même travail lorsqu’ils sont affectés en collège et lycée, l’agrégé est mieux rémunéré. Or, 64% des professeurs certifiés sont des femmes contre 52% des agrégés.

Les corps de direction et d’inspection voient une sur-représentation masculine à mesure que l’on monte dans la hiérarchie.

Propositions

  • Instaurer la parité aux postes d’encadrement (DASEN, inspection, recteur) ;
  • Instaurer la parité aux concours de l’agrégation en réservant 40% des postes aux femmes par voie de modification de l’arrêté d’ouverture de postes ;
  • Repenser la durée, l’espacement, l’occurrence des épreuves de certaines agrégations ainsi que le financement de leur préparation afin de les rendre compatibles à la conciliation vie privée/vie professionnelle, former systématiquement les jurys des agrégations au biais de genre ;
  • Faire entrer dans le corps des professeurs des universités, les maîtres de conférence par voie d’habilitation sous certains critères à déterminer ; 
  • Valoriser des femmes expertes et assurer plus de visibilité dans les contenus de la presse écrite et télévisuelle ;
  • Introduire un champ « sexe » ou « genre » dans toutes les bases de données de la recherche universitaire (notamment, articles, livres) et favoriser la publication paritaire des chercheurs et chercheuses;
  • Imposer un quota de minimum 40% de femmes dans les conseils d’établissement des universités et des grandes écoles ainsi qu’au sein des instances de décision et des comités de pilotages ;
  • Dispenser de stage les professeurs titulaires certifiés reçus à l’agrégation de leur discipline et les intégrer directement dans leur nouveau corps ;
  • Revaloriser les emplois des enseignants du second degré par l’alignement sur le corps des agrégés en termes de rémunération et de modalités de service ; 
  • Mettre en place des bourses de recherche réservées aux femmes pour l’acquisition d’un doctorat, d’une habilitation à la recherche, d’une agrégation ;
  • Instaurer des quotas de postes de professeures d’université femmes (éga-conditionnalité des financements publics alloués à l’établissement) ; 
  • Prévoir l’alternance en genre des présidences d’université ou l’élection d’un binôme paritaire. Favoriser l’usage des noms de métiers féminisés dans les statuts (le président/la présidente) et annonces d’emplois (et non juste H/F) ;
  • Veiller à l’éga-conditionnalité des allocations recherche et des incitations publiques  à la recherche (y compris de nature fiscale)
  • Allonger de droit d’une année tout financement de recherche ou de formation aux femmes enceintes
  • Ouvrir aux jeunes parents étudiants un droit d’accès aux logements du CROUS et ouvrir une crèche/halte-garderie par campus au bénéfice des parents étudiants et des personnels.

Publié par Juliette de Causans

Présidente Egalité Ensemble co-fondatrice think tank Eurocratia

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