Fonder une République symbolique inclusive

Le progrès social implique la révélation de l’humanisme dans l’histoire. Le contraire de l’humanisme étant la négation de l’humain chez l’autre et le fait de lui dénier une égale dignité. La République existe à travers ses actions, sa politique mais aussi les symboles qu’elle souhaite maintenir dans l’espace public. La République reconnait la contribution des citoyens et des citoyennes à travers, notamment, la distinction par les honneurs que peuvent être des médailles, un nom de rue, une plaque commémorative, l’érection d’une statue. La statue ayant une autre dimension, à savoir une dimension artistique qui se détache du simple honneur et qui nécessite la prise en compte de cette double nature dans son traitement. 

Lorsque nous passons dans la rue, lorsque nous parcourons les livres d’histoire, les manuels scolaires, les frises chronologiques y compris d’évolution de l’être humain, lorsque nous reprenons les termes employés tels que « droits de l’Homme », les femmes sont confrontées à une invisibilisation de leur personne, par le langage, par le manque de noms de rue pour leur rendre hommage, par le manque d’inclusion et de parité dans les honneurs de la République. 

Afin de fonder une République symbolique inclusive, nous proposons un rattrapage symbolique des honneurs ainsi que la suppression des espaces publics des honneurs rendus aux personnes ayant participé à la négation de l’humanisme.

Propositions

Adopter des symboles inclusifs afin de favoriser le vivre-ensemble 

  • Remplacer le mot « Homme » par « humain » de façon obligatoire dans tous les textes juridiques francophones et noms de fonction (par exemple, ambassadeur des droits de l’Homme), d’association (Ligue des droits de l’homme, maison de l’homme), de rue ou de publication afin de permettre une inclusion de toute l’humanité par le langage et de correspondre à la dimension historique de ces termes. Ceci devrait être idéalement mis en place par la loi, à défaut, par l’adoption d’une résolution du Parlement et d’une charte linguistique pour reprise par l’Académie française ;
  • Instituer la parité dans le nom des rues et les représentations dans l’espace public (statues, portraits) au bénéfice des femmes ayant marqué l’histoire, la science et les Arts. A cette fin, il serait possible de limiter les doublons de noms de rue faisant référence à un homme, d’instaurer un binôme paritaire femme-homme pour tous les noms de rue renvoyant à une personne, ou de débaptiser les noms de rue de personnes ayant exercé des professions telles que celle de négrier ou ayant collaboré avec le nazisme. Concernant les statues, une commande massive de l’Etat à des créatrices/créateurs de statues des héroïnes de la conquête des droits des femmes et de l’histoire des femmes de France permettrait une occupation symbolique paritaire de l’espace par adjonction ou par remplacement des statues que l’on souhaiterait intégrer dans un musée sur l’esclavage plutôt que sur la place publique. Des musées des droits des femmes pourraient inscrire cette conquête de l’histoire par les femmes ;
  • Favoriser la parité dans l’histoire et la rendre obligatoire dans les représentations au sein des manuels scolaires. Ceci passe par une mise en lumière de l’histoire de la libération des femmes en explicitant le rôle des femmes à titre individuel et collectif, notamment, dans la politique de l’Ancien Régime, de la Révolution française, la Commune de Paris et la suite des évènements historiques ainsi que l’étude de l’acquisition des droits sociaux et collectifs. Les termes « suffrage universel » seraient exclus avant 1944 et remplacés par « suffrage masculin » sans usage de l’adjectif « universel ». La  parité de représentation dans les métiers, les fonctions, les illustrations, les auteures, les héroïnes devrait être obligatoirement assurée. Cette obligation serait  actée par les programmes de l’Éducation nationale et favorisée par un label  Egalité dont la possession conditionnerait la prise en charge de l’achat des  manuels par l’Education nationale (éga-conditionnalité) ;
  • Effectuer un rattrapage des honneurs et distinctions par l’attribution de médailles, légions d’honneur et ordre national du mérite en acceptant un contingent supplémentaire de 25% à 40% de femmes à titre de rattrapage pendant 30 ans ;
  • Faire entrer 5 femmes d’exception au Panthéon chaque année jusqu’à obtention de la parité puis assurer la parité par ajustement année par année. Remplacer sur le frontispice du Panthéon « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » par « Aux grands hommes et femmes, la patrie reconnaissante » ou par une autre mention plus inclusive ;
  • Rendre obligatoire la parité femmes-hommes au sein de toutes les Académies, prix et jury qui bénéficient de soutiens publics, dont l’Académie française ; 
  • Remplacer les numéros 1 et 2 du numéro de sécurité sociale par M et F, au sein des formulaires prévoir l’ordre alphabétique : féminin/masculin . 

Publié par Juliette de Causans

Présidente Egalité Ensemble co-fondatrice think tank Eurocratia

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